Sarnath et le Bouddha

Publié le par yogmaya.over-blog.com

Sarnath et le Bouddha

Extrait de notre courrier de février 2012

Sarnath est un lieu de pèlerinage Bouddhiste, c’est ici que le prince Siddharta Gautama, celui que l’on appelle le Bouddha, a donné ses premiers enseignements il y a environ 2.500 ans de cela après avoir vécu l’expérience de l’illumination dans le petit village de Bodhgaya. Siddharta était le fils d’un roi d’un petit royaume Népalais proche de l’actuelle frontière avec l’Inde. L’âme tourmentée devant la réalité de la souffrance et de la confusion humaine, il quitte sa famille, sa femme et son fils, renonce à sa vie de prince et part pour trouver au plus profond de lui-même une réponse, un remède à ses douleurs. Il reçoit des initiations de techniques de méditation, endure des austérités sévères, met en pratique ce qu’on lui a enseigné en y apportant sa réflexion et son expérience personnelle….. et pratique, pratique, pratique jusqu'à finalement arriver à ce que l’on appel l’Eveil, le Nirvana, l’état de pure Connaissance, la Réalisation de la nature ultime de l’esprit, l’état au delà de la souffrance, la compréhension profonde de la vie et de son sens. Dans la vision orientale de la vie, s’asseoir et méditer, laisser l’esprit reposer dans son état naturel, sans artifices et stimulation est la voie royale que les Sages ont et continuent à enseigner, permettant à l’individu de réaliser de façon pratique la nature intime de son être. Alors qu’en occident on est souvent pris pour un barjot et un loufoque lorsqu’on s’assoit pour méditer et qu’on fait bruler un bâtonnet d’encens en guise d’offrande, l’orient trouve cela fondamentalement sain et répugne plutôt le genre fumeur, habitué des apéros que l’occident trouve dans la norme et parfois sympathique. Le Bouddha donne ses premiers enseignements à Sarnath, enseignements connus sous le nom des « Quatre Nobles Vérités ».

Sarnath - Le Dhamek stupa, lieu où le Bouddha enseigna.

Sarnath - Le Dhamek stupa, lieu où le Bouddha enseigna.

La premiere Vérité étant celle de la reconnaissance de l’existence de la souffrance, souffrance au sens large du terme que nous expérimentons tous sans exception, du riche au pauvre, de l’intellectuel à l’illettré, on aura beau tout faire pour s’en prévenir, nous devrons forcement passer par cette expérience. C’est la souffrance mentale et physique du changement, avec la vieillesse, le corps et son aspect qui se modifie, la douleur de la maladie puis le moment de la mort qui se rapproche ; c’est l’expérience de la tristesse dû à la perte d’êtres qui nous sont proches et auxquelles nous étions attachés ; c’est la souffrance du changement de qualité dans les rapports que nous avions avec certains, amis un jour, ennemis le suivant…

La deuxième Vérité est celle de l’origine de la souffrance qui est l’ignorance de ce que nous sommes fondamentalement. « Je » souffre, « je » suis mal, « je » suis triste….. qui est ce « je » ? Nous ne le savons pas et nous ne faisons souvent rien pour le savoir, nous agissons et pensons selon un mode égoïste (moi, ma maison, ma voiture, ma famille, mes amis….), en prenant notre « je » pour réelle et solide, éprouvant de l’attraction pour les situations, les choses et les êtres qui nous semblent plaisant, de la répulsion pour ceux qui nous semblent déplaisants et de l’indifférence pour d’autres. Mais si l’on commence à regarder notre mental d’un peut plus prêt – chose que malheureusement peut d’entre nous fait- on peut se rendre rapidement compte, dans un premier temps par une simple compréhension intellectuelle, que ce « je » n’a aucune solidité, aucune matérialité, son fondement est vide mais du au fait de notre ignorance, de cette fixation illusoire qu’est notre ego et de notre manque d’expérience de sa nature vide, nous le prenons constamment pour réelle, solide et nous souffrons. Le but des pratiques de méditation étant la Réalisation de sa nature vide et lumineuse, la simple compréhension et adhésion intellectuelle n’amenant aucun changement dans l’être et ne faisant que renforcer le mental et l’ego, il faut passer par la pratique et habituer l’esprit à reposer dans sa vacuité, encore et encore, plutôt qu’à le laisser se fixer constamment sur un sujet illusoire et changeant et cultiver la compassion pour tous les êtres.

La troisième Vérité est celle de la voie menant à la cessation de la souffrance, connue sous le nom d’Octuple Sentier (vue juste, intention juste, parole juste, discipline juste, mode de vie juste, effort juste, attention mentale juste, absorption méditative juste). Il s’agit de discipliner son esprit, d’entrainer son esprit à demeurer centré dans son essence naturelle plutôt qu’ à le laisser aller constamment à sa guise, baladé par les cinq sens et l’activité mentale, de façon progressive, en recevant tout d’abord des enseignements, en réfléchissant à leur validité et en les mettant ensuite en pratique concrètement dans notre quotidien, en cultivant pour cela une pratique régulière de la méditation assise afin de pouvoir ensuite méditer constamment, en laissant reposer l’esprit dans son état naturel et cela quelques-soient nos activités.

La quatrième Vérité est celle de la cessation de la souffrance, c’est le fruit concret de la pratique spirituelle, la réalisation de l’état de Bouddha.

Sarnath - Temple Tibétain.Sarnath - Temple Tibétain.

Sarnath - Temple Tibétain.

YOGMAYA est une association régie par la loi du 1er juillet 1901 et le décret du 16 août 1901, enregistrée auprès de la préfecture de l’Isère sous le numéro 0381034198.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article