Sarasvati et les pujas

Publié le par yogmaya.over-blog.com

Sarasvati et les pujas

Extrait de notre courrier de février 2014

C’était en ce début février Basant Panchmi, la Sarasvati puja, festival religieux célébrant Sarasvati, la Déesse des Arts et des Lettres. C’est la divinité principale de la maison, celle pour qui tous les soirs les enfants effectuent la puja et depuis maintenant pas mal d’années c’est Vivek, un de nos enfants - enfin plus trop, il est maintenant grand - qui nous l’a fabrique. On reconnait facilement les dieux à leurs différents attributs et aux animaux les accompagnant, pour Sarasvati c’est le vina, un instrument de musique et le cygne mais on peut aussi la voir parfois avec un paon. C’est la Déesse de la connaissance, résidant dans tous les instruments servant au savoir (livres, stylos, encre…..) et à l’art (instruments de musique, pinceaux, peintures…..), c’est pour cela que lorsqu’un enfant touche par mégarde avec son pied un cartable ou un bouquin trainant sur le sol (ça arrive assez souvent chez nous) il le touche en général de ses deux mains et se signe ensuite le front et le cœur par respect pour la Déesse. C’est aussi une Déesse connue pour être une rivière, la mythique riviere Sarasvati descendant de l’Himalaya, elle n’existe plus de nos jours, elle est censée avoir été asséché par la malédiction du sage Uthathya par vengeance envers Varun, le dieu de l’eau, qui avait enlevé la femme du sage et il existe de nos jours dans la ville d’Allahabad un lieu de pèlerinage important où se croise le Gange, la Yamuna et donc la fameuse riviere mythique Sarasvati.

Les nombreuses pujas qui ont lieu pendant l’année sont autant d’occasions pour les individus d’un rappel, d’un retour sur soi essentiel, d’un moment particulier, d’un moment sacré qualifié par une attitude mentale particulière qu’on pourrait définir par « concentré, centré en soi-même ». Comme pour bien effectuer tout exercice, pour bien faire tout travail, toute recette de cuisine la pratique est nécessaire, le savoir théorique ne suffit généralement pas, en matière de spiritualité, d’évolution et compréhension intérieure c’est la même chose, la théorie ne suffit pas, la connaissance et compréhension intellectuelle n’amène aucun changement réelle, la pratique, lorsqu’elle est suffisamment intense et continue, elle, si. Pour l’adepte et l’initié l’attitude mentale de la puja, le centrage en soi même doit être continu et demande de l’effort jusqu'à atteindre l’état naturel de clarté où les doutes n’existent plus et l’effort cesse, pour de tels personnes les rituels extérieurs sont en général de moins en moins nécessaires, pour les autres membres de la population les pujas sont autant de moment où le mental se tourne vers sa source et l’individu, lorsque ces instants se reproduisent, se répètent, en bénéficie forcement, consciemment ou inconsciemment, gagne en sérénité, en calme intérieure et même s’il ne comprend pas tout ce qui est mis en branle par le processus, cela portera un jour ses fruits. La plupart des indiens, dés leur plus jeune âge, dés qu’ils sont tout bébé assistent et participent à des rituels et cela régulièrement, tout au long de leur vie, depuis l’âge des couches culottes, l’adolescence, l’âge mure et jusqu'à la mort ils sont reliés à l’essentiel, à la source de vie, au grand Manitou et c’est ce qui fait cette atmosphère si particulière dans ce pays que beaucoup d’occidentaux ressentent….. doux instants de contemplation, d’union avec l’essence des choses, simple simplicité d’être que nos sociétés matérialistes, notre activité mentale débordante, notre soif de distraction permanente permettent rarement.

Notre Sarasvati 2013.

Notre Sarasvati 2013.

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